Exposition "à la ligne"

Après un an sur le bassin d’Arcachon à prendre des photos de l’océan, quotidiennement, quelque soit le temps, la marée, la saison, j’ai mis sur carnet et en peinture mes réflexions sur ce changement de cap par l’ouest : ligne de flottaison, ligne d’équilibre, ligne d’horizon, ligne de fuite, ligne de mots…
Un langage visuel m’est alors apparu. L’horizontal serait la marque du temps qui s’écoule, la projection d’un futur infini, l’obsession d’un but à atteindre, l’horizon, le ciel, le sable. La verticale serait la marque de l’instant, l‘intervention humaine, le phare pour la référence, la cardinale marine obligeant le changement de cap, une voile, un mât, un sillage, une rupture momentanée.
L’immensité de l’océan à l’apparente sérénité, aux perspectives infinies est ponctuée de tempêtes, de récifs et d’épaves. Le ciel se voile, s’étire, ses nuages, brassés par le vent se confondent avec la mer. Le sable aride et sec se rapproche. La vie toute proche, peuplée d’épreuves et de ravissements donnent tout son sens à ce spectacle et guide le trait du pinceau et du couteau sur la toile en ligne…
Des œuvres littéraires sont venues nourrir cette réflexion. Le vieil Homme et la Mer d’Ernest Hemingway. Un vieux pêcheur, seul, sur la mer, dans sa petite barque, tient au bout de sa ligne d'un grand poisson qui l’obligera à lutter jusqu’à l’épuisement… Tamata et l’Alliance de Bernard Moitessier. Un homme refuse de franchir la ligne d’arrivée après un tour du monde à la voile sans escale, terrorisé à l’idée de retrouver la civilisation. Plonger de Christophe Ono-Dit-Biot. Une artiste, retrouvée morte sur une plage, photographiait la mer, peignait en bleu, et fuyait sa maternité et la célébrité.La nature nourrit la littérature, la littérature nourrit la peinture.

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